Rony Blain 20 décembre 2009
Après avoir rédigé Le Guide de la réforme haïtienne, planifiant son application, j’ai rédigé La Nouvelle opposition ouvrage contenant un ensemble de mesures pour atteindre les objectifs fixés dans Le Guide.
Le Guide de la réforme prône la transformation globale de notre société en passant par une nouvelle division géographique pour aboutir à la décentralisation, la construction d’une infrastructure moderne, l’intégration sociale. Dans cette œuvre gigantesque, je me suis laissé guider par les revendications populaires et les événements internationaux. La réponse réside dans la rectification, l’ensemble des solutions réelles, l’exacte définition, l’application absolue.
A mes sens, la crise nationale représente la déchéance de l’Humanité. La rectification passe par le questionnement de l’Histoire universelle qui hante notre destinée. Dans toute la définition du terme, les peuples sont frères, dans la mesure qu’ils sont affectés par l’évolution, luttent autant pour la survie.
Ainsi, pour désenclaver notre nation, il faut l’intégrer d’avantage dans le concert des nations tout en reconnaissant nos propres caractéristiques, nos propres spécificités, nos propres nécessités.
L’Histoire nationale représente un chapitre de l’Histoire universelle, notre pays, un village de la planète. Ainsi, la rectification est un ingénieux agencement, un bon alliage, d’exactes proportions de tous les éléments existants.
Cette balance, cette unité de mesure n’existe pas dans le monde externe, mais réside dans l’Haïtianité, de nobles aspirations, la conscience nationale. Finalement, progrès, développement, réussite, avancement représentent une heureuse association, une juste composition.
Le Guide de la réforme transcende les idéaux du peuple haïtien, il n’était pas nécessaire de philosopher ni discourir. Mes devanciers ont passé leur vie à bavarder et à courir, je me contente d’agir selon la dictée de mes sentiments, après avoir fait ce constat.
Pour sortir du bourbier, il faut un plan et une équipe.
La Nouvelle opposition, l’ouvrage argue au sujet de la transition. En plus d’une Feuille de route indiquant les grands carrefours du changement, le document propose une nouvelle forme de lutte et de nouveaux types de dirigeants. L’encadrement convenu aide à canaliser le flot de possibilité permettant aux mécontentements populaires de se cristalliser à travers La Nouvelle opposition nationale, un mouvement drainant les forces du changement vers le but ultime.
Depuis plus de deux ans, je distribue dans les rues de la Capitale l’Alternative en sept (7) points, passeport de notre destination, à savoir :
1. Avènement d’un gouvernement provisoire (Cour de cassation, Conseil d’État, NON)
2. Dissolution du parlement & boycott des partis politiques.
3. Programme d’urgence (combattre l’insécurité, l’inflation, et la carence de services)
4. Mesures de stabilisation administrative (Évaluation, épuration, restructuration)
5. Application de la réforme générale.
6. Rédaction d’une nouvelle Constitution.
7. Élections nationales
Si ces propositions sont inaltérables, c'est-à-dire non négociables, elles impliquent l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants, car il faut rompre avec les pratiques traditionnelles et les acteurs actuels pour donner une nouvelle orientation à la politique nationale. Il est impossible d’innover en recyclant les criminels, les cleptomanes, les homosexuels et leurs complices.
L’Alternative de La Nouvelle opposition nationale (NON) est l’unique paramètre disponible pour un changement radical. En dehors de cette possibilité, il n’existe aucune issue, aucun pont reliant nos conditions à la terre promise.
Tous ceux qui s’agitent aujourd’hui sont des mystificateurs qui négocient leurs intérêts personnels. Leurs propos sont creux leurs objectifs flous. Les élections nationales sont des massacres, des mascarades. Quand on évalue les programmes, les décisions et la crise on saute sur un génocide.
La crise nationale peut être résolue en quelques semaines, si on dispose d’un vrai plan et d’un réel programme.
Dans notre pays, ceux qui parlent de solution ignorent leur niveau de corruption, leur état de décomposition. Ils représentent le ver du fruit, la gangrène du corps, le chacal du cadavre. Ils s’expriment contre les principes, agissent contre la nation. Jusqu’ici, personne n’a senti l’obligation de les dénoncer, on les accorde un espace médiatique pour qu’ils puissent continuer à sévir, à bloquer, à saboter, à boycotter, à assassiner.
Tous les spécialistes des affaires haïtiennes croient que l’avenir du pays est devant lui. Mais, si on ne laisse pas cette passe dangereuse, des facteurs indépendants à nos conditions peuvent renverser la situation en notre défaveur. Le monde est très dynamique, nous sommes mus aussi par la politique régionale et internationale. Les faits imprévus et les éléments inconnus peuvent dynamiter l’ensemble.
Jusqu’ici, l’intelligentsia nationale s’exprime à travers un discours incohérent, on dirait des instruments désaccordés. Finalement, l’intellectualité haïtienne représente une étape de l’imbécilité humaine.
Quand je préconise l’émergence d’une Nouvelle classe politique, celle-ci doit être appuyée par une Nouvelle intelligentsia nationale (NIN). Sans une Nouvelle intelligentsia, une Nouvelle classe politique constitue un nouvel échec. Si la Nouvelle classe politique (NCP) représente le carrefour des tendances progressistes, la Nouvelle intelligentsia transcende la nouvelle conception. L’un est le fruit, l’autre la fleur du manguier.
La Nouvelle opposition nationale n’est pas une association, mais une tendance politique. Une association sera l’idéal, mais dans un milieu où chacun a un prix ou chaque ventre réclame un pourboire, où le camp adverse dispose de l’argent, commandite les enlèvements et les assassinats, vaut mieux agir de façon intelligente en s’adaptant lucidement à la réalité.
L’intelligence est l’unique atout dont nous disposons dans cette lutte sans merci. Le camp adverse réfléchit ardemment mais respire comme une charogne. Il n’est pas assez noble pour construire mais assez sale pour détruire.
Menant une guerre habile, La Nouvelle opposition nationale lutte sur deux fronts : contre le pouvoir en place, contre les héritiers du pouvoir. Les héritiers du pouvoir représentent les anciennes pratiques, les personnes qui sont prêtes à les embrasser quand elles ne sont pas en mesure d’œuvrer pour le développement et le progrès. La Nouvelle opposition nationale doit attaquer les valeurs mêmes de la société haïtienne, les tares bestiales, les perceptions erronées, les comportements inférieurs.
Dans La Nouvelle opposition, l’ouvrage, il est dit que tous les personnes qui sont victimes de la politique font partie de la Nouvelle opposition nationale, parce qu’ils aspirent au changement. Par contre, les personnes appartenant aux institutions totalitaires sont exclues.
Le changement passe par les grands discours, des mots de vie qui ajoutent le souffle aux cœurs, qui allument des étincelles aux yeux, qui indiquent la direction à suivre.
Non seulement on n’entend pas les beaux discours, on ne voit personne pour les prononcer. S’érigeant sur la paille, ce régime a enfanté des cochons. Puisque le trône est une cochonnerie, malgré sa grandeur, le peuple rampe dans la misère.
La scène nationale est opaque, c’est à dire ne laisse pas passer de nouvelles idées. La presse nationale n’informe pas le public qu’elle divertit à travers des Affaires qui émanent au cours de l’actuelle présidence. En laissant l’Affaire Boulos, on a abouti à l’Affaire Alexis en passant par l’Affaire Michèle Pierre-Louis suivie de l’Affaire ONA et de l’Affaire CEP, sans oublier le passage de Bill Clinton, de Ban ki-moon et de Madame Bill Clinton, un gaspillage d’encre. Je ne parle pas du ravage des cyclones en province, des inondations à la Capitale et les crimes crapuleux qui ont drainé l’attention.
Finalement, la Nouvelle opposition représente la volonté de rectifier nos contradictions politiques pour s’astreindre au progrès. Par cette définition, j’imagine que l’ensemble de la nation appuie ce mouvement.
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