Tuesday, June 22, 2010

L’action citoyenne

Rony Blain 20 mai 2010


L’action citoyenne représente l’ensemble des réactions populaires face à la dérive politique. Par cette définition, les citoyens réagissent même quand ils ne sont pas conscients, dans la mesure qu’ils sont affectés directement ou indirectement par les décisions gouvernementales. Ces réactions peuvent être actives ou passives. Actives, quand les citoyens produisent des réactions visibles, en protestant; passives quand ils se montrent indifférents.

Puisque le changement passe par l’action citoyenne, je me propose d’énumérer les différentes étapes de sa cristallisation, à savoir, la confusion, la démission, le boycott, la mobilisation, le chambardement, l’alternative, la participation.

La confusion

Passive, la confusion représente la pathologie du psychisme collectif, quand l’opinion publique n’arrive pas à se situer dans les événements. Dans le camp du pouvoir, les déclarations sont frauduleuses, les actions compromettantes. Dans cette situation aberrantes, le peuple ne sait s’il doit appuyer le processus en cour ou le boycotter. La confusion symbolise la maladie mentale du peuple.


La démission

Passive, la démission représente un état de lassitude. Les citoyens y sombrent quand ils ont vu leur rêves s’éteindre, leur réalisations s’effondrer. Le plus souvent, la démission arrive après une longue période de mobilisation quand nos dirigeants idéals se dégénèrent en sales vagabonds, que les promesses faites n’ont pas été tenues.


Le boycott

Passif, le boycott se définit par une réponse négative des citoyens au pouvoir en place. À ce stade, le peuple ne s’identifie pas à ses dirigeants. Il y a cassure et désaccord, lesquels aboutiront à des actions plus concrètes, telles que la mobilisation. Le plus souvent, le peuple cherche de nouveau dirigeants.


La mobilisation

Active, la mobilisation représente l’ensemble des mesures entreprises par les citoyens pour renverser une situation défavorable. La mobilisation représente la plus haute forme de conscientisation, elle est accompagné de dénonciations et d’une forte volonté de changement.

Le chambardement

Actif, le chambardement représente une rupture irréversible, quand le peuple s’oriente vers le changement. Les militants lancent des actions concrètes : grève, manifestation.

L’alternative

Active, l’alternative avance des propositions lesquelles justifiant le mouvement de protestation. Elle trace une route claire menant à des objectifs réalistes.


La participation

Active, la participation se définit par une prise en charge des protestataires des institutions incriminées après la prise du pouvoir. La participation est effective soit par la prise du pouvoir ou par la représentation. Quand le peuple renverse un régime, certains citoyens réclament des postes, en faisant valoir leurs droits aussi le peuple place sa confiance dans quelques concitoyens pour le guider. Ainsi émergent les nouveaux dirigeants.

Par exemple le 8 février 1986, des employés révoqués se sont présentés à leur ancienne institution, profitant du chaos et la fuite des autres titulaires pour occuper illicitement les lieux. Ils se contentaient de dire qu’on leur a injustement révoquer.

Témoins de temps d’années d’incuries, nos valeurs, nos cadres et nos universitaires doivent se positionner pour réclamer un poste ou imposer leur présente dans le secteur public. Cette percée représente une forme de participation, une réponse à l’exclusion. La seule chose, ils doivent prouver qu’ils représentent l’élite nationale, porteur d’espoir et de solution.

Ils ne doivent pas attendre le début des hostilités pour s’émerger, ils doivent s’ériger dès maintenant, à travers des prises de position spectaculaires, des publications fracassantes, en faisant croire que leurs canons sont pointés sur l’ennemi commun.

En cas de prise du pouvoir, une campagne d’épuration administrative sera lancée pour éviter aux mauvaises graines de germer à nouveau. Immoraux, corrompus, incapables seront remerciés. Mais en plus de la qualification, les aspirants doivent prouver leurs intérêts pour le changement, c’est-à-dire, ils doivent déborder leur statut de simples demandeur d’emplois.

Aujourd’hui, la nation a atteint le carrefour du changement, il ne manque que l’apport des aspirants. Les anciens bourreaux se manifestent sans masque, où sont passés les légitimes aspirants, les futurs bénéficiaires du changement ?

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