« Application de la réforme générale »
À la déficience générale, il faut imposer une réforme radicale, le paramètre du développement durable. Ce volet inclut l’économie, la décentralisation, l’intégration, les services de base, la production et la justice sociale.
L’économie nationale doit être réorganisée pour permettre aux secteurs public, privé et multinational de cohabiter sans conflit. Le programme d’étatisation permettra au secteur public de rentrer en possession de ses anciennes entreprises aussi des autres entreprises rentables du pays : banques, service de transfert, compagnie de téléphone, agence d’assurance. L’État doit organiser l’économie des communautés externes, vulgairement appelées diaspora.
Le pays souffre de crise administrative quand le pouvoir est concentré entre les mains de la présidence. Cet arrangement engendre pilage, incurie, malversation, insécurité, instabilité, tous les symptômes dictatoriaux. La décentralisation politique représente une priorité dans le Programme de réforme générale dans la mesure qu’elle nécessite aucune forme de financement.
L’intégration sociale vise à ramener vers le centre ceux qui évoluent en marge de la société. De nouvelles institutions seront créées pour répondre aux aspirations nationales, des agents appelés à encadrer le citoyen dans son évolution sociale. Ce programme inclut l’art, le sport et des compétitions, tournois aussi bien que des événements culturels.
Si les services de base sont payants, les abonnés doivent pouvoir en disposer à leur aise. C’est à travers la distribution qu’on peut évaluer le bon fonctionnement de l’État. Tous les services de base seront regroupés dans une seule entité. Le zonage va permettre à certains quartiers de bénéficier d’un tarif préférentiel. Une cour spéciale sera créée pour protéger les abonnés contre les fournisseurs des services de base.
Une nation qui a cessé de produire est appelée à disparaître. La production nationale doit être relancée pour créer des emplois et réduire notre dépendance vis-à-vis de l’importation. Non seulement l’État doit procéder à la réouverture de ses anciennes fabriques avant de créer de nouvelles, il doit subventionner le secteur privé, particulièrement les exportateurs.
La justice sociale représente une politique favorable aux groupes défavorisés. Elle inclut une redistribution de la richesse nationale, des programmes à caractère social, tels que logement, subvention, transport, bourses d’étude, sans parler d’une couverture sanitaire universelle.
Le séisme a pratiquement ébranlé les derniers obstacles qui nous séparaient de l’application de la réforme générale. Il est impossible de reconstruire les édifices publics de la Capitale sans envisager d’étendre la présence de l’État dans les villes de province. Dès lors se pose la question de la décentralisation, l’un des points fort de la réforme, l’édification d’un nouvel État.
Cette phrase illustre la situation nationale : « Haïti est une savane où chevauche le chaos. Ce qui reste de nos campagnes, des lopins de pierres ; ce qui reste de nos villes, des fosses communes.»
Solution complète, le développement passe par la Réforme générale. S’il est impossible d’entamer les réformes dans leur intégralité, il faut poser le paramètre qui nous guidera dans les vingt cinq années à venir. La priorité sera accordée à l’urgence à savoir, la décentralisation politique. La délégation du pouvoir aux Gouverneurs et aux Maires se fait en dehors des finances. Il s’agit de rendre la liberté aux institutions en renonçant aux vieilles pratiques totalitaires. Le gouvernement central se contentera d’arbitrer, de conseiller et de superviser quand les Gouvernements régionaux et municipaux lanceront leurs propres initiatives.
S’il est trop tard pour dédier la réforme générale aux victimes du séisme, intronisons la en solidarité avec les survivants, qui vont affronter un danger plus grand si rien n’est fait.
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