Conclusion
Après avoir rédigé Le Guide de la réforme haïtienne, un modèle de société, il fallait pratiquer un chemin menant de l’idéal à la réalité, de la théorie à la pratique.
Nous avons tout fait pour bousculer les choses, en jetant des tracts à la Capitale, les expédiant depuis l’étranger aux notables du pays, les criant sur les ondes des stations locales. Des mois, des années avant le séisme, nous étions informés de l’existence d’une date butoir, que le naufrage humain sera précédé d’une grande catastrophe, car les malades ne souffrent pas indéfiniment, jours, mois, années, ils succombent.
Le sommeil populaire était plus critique que la gestion du gouvernement. Nous voyons dans ce masochisme, une écœurante complicité, une volonté de souffrir et de disparaître : le fameux pacte de la misère.
Aujourd‘hui, nous questionnons notre éveil fatal, lequel peut nous précipiter dans un drame majeur. La route de l’aventure est ouverte, les grands discoureurs ne maîtrisent pas leurs thèses, le peuple ne connaît pas le chemin. Laissant une crise, nous voici face à une autre. Fuyons une maison incendiée, nous nous dirigeons vers la forêt enflammée. Finalement on joue avec le feu.
En 1987, nous nous retrouvions dans une situation pareille, mais le pays ne disposait pas d’Alternative. Connaissant le problème, conscient de la situation, nous avons travaillé pendant les sept dernières années sur la rectification de notre système politique. La nation haïtienne ne va pas réitérer les erreurs antérieures. Aujourd’hui, il existe un Plan, une ouverture sur le changement véritable, le développement durable et la justice sociale.
À l’« analphabétisme populaire » il faut opposer l’« alphabétisation politique », pour convier tous les citoyens de bonne volonté au chantier national. On mène les hommes, on traîne les animaux. Finalement, nos dirigeants nous ont entraîné sous des tentes. Sur son propre sol, le peuple s’est réduit en réfugiers de la misère.
Sachant que nos institutions vermoulues représentent les poussières de l’histoire, nous avons investi dans la rue nationale, quand la ville était debout, active et dynamique. Nos activités ressemblaient plutôt à un acte pieux, une réflexion humaine, une méthode sociale privée de populisme, d’émotion crasseuse, et d’ambition affreuse.
L’Humanisme national devrait épouser la nécessite nationale. Nous avons vu juste, le pays est détruit, il ne reste que la rue nationale face à la tragédie haïtienne. Si elle ne se mobilise pas immédiatement, on va demander à la rue haïtienne de dégager les rues haïtiennes.
On a ôté l’humain de notre sang, la liberté de notre âme, maintenant on veut enlever Haïti de l’Haïtien.
La rue haïtienne enfantera la nouvelle société, quand les tentes chancelantes, comme les chaussures de Cendrillon, se transformeront en immeuble de verre.
Bonheur, misère sont des attributs humains, nous devons bouleverser les choses pour trouver le bon côté de la vie. Si le malheur vient du ciel, l’homme amasse ses richesses sur la terre. Par changement, nous voulons vous conduire vers la source des richesses terrestres auxquelles toute âme sensée aspire.
Après un honteux sommeil, les esprits étourdis, la Fausse opposition hérissent des propositions boiteuses. Manchots, ces documents semblent avoir été retirés des décombres.
Ce qui vient des ruines est en ruine.
Avec le temps, les sottises, les difficultés, les trahisons finiront par porter la majorité à plébisciter l’Alternative de la Nouvelle opposition nationale.
Pensez-y ! Un jour viendra, tous nos ennemis logeront au même tombeau.
Rony Blain
Initiateur & conseiller de la Nouvelle opposition nationale
Auteur de La Nouvelle opposition,
du Guide de la réforme haïtienne (La Constitution inconstitutionnelle)
Diplômé en sciences politiques, philosophie, littérature française ...
New York, le 21 février 2010
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