“Avènement d’un gouvernement provisoire”.
Si on ne lâche pas le « cercle vicieux » en opérant de façon rationnelle et radicale, les futures élections vont permettre à notre cruelle démocratie de se régénérer, la nation de se dégénérer.
Pour atteindre des rives hospitalières nous devons abandonner l’actuel marécage, infesté de fatalité, de souffrance et d’humiliation. Il faut rompre avec les anciennes pratiques, en brûlant les ponts qui nous y relient, en détruisant les symboles qui invoquent les mauvais souvenirs, en anéantissant les structures totalitaires qui germent la terreur et l’obscurantisme.
Tout gouvernement élu transcende les défauts et les tares de notre système politique. S’il entre par la petite porte, la nation ne sera jamais autorisée à emprunter la grande porte. De plus, l’Histoire est un perpétuel recommencement à moins que l’Homme lui impose une nouvelle course.
Après vingt-cinq années d’observation, de silence, d’attente et de patience, nous avons finalement atteint le carrefour de la vérité, où le changement s’impose avec la même urgence aux insoucieux aussi bien qu’aux complices. La dernière catastrophe vient de nous enseigner les premières notions du national, l’espace où l’ensemble des citoyens se coudoie et partage les mêmes intérêts. Les séquelles du séisme suppléent en nous, les sens primitifs et les conceptions arriérées de la vie, en nous enseignant les notions de survie collective et d’engagement commun.
Contrairement aux aventures antérieures, des bévues qui nous ont plongés dans de plus grands déboires, la formule de Gouvernement provisoire de la NON puise sa nécessite et sa légitimité à partir du moment que nous disposons d’un Programme de réforme générale et qu’un nouveau groupe de dirigeants doivent l’introniser.
Comme je l’entends, tel que je le conçois, contrairement à nos coutumes, le Gouvernement provisoire ne va plus se contenter de tuer le temps, attendant l’arrivée des élections.
Bénéficiant d’un programme politique, l’équipe intérimaire aura pour mission de jeter la base d’un « nouvel État ». Si les deux camps, le peuple et les nouveaux dirigeants, ont accès aux mêmes informations, interprètent le même plan, travaillent côte à côte au chantier national, ce sera la fin de la démagogie, la genèse de la démocratie.
Le Gouvernement provisoire doit venir au monde par la force, rupture avec la tradition. S’il arrive sans votre aide, il œuvra contre vos intérêts, car il n’aura ni obligation ni reconnaissance à votre endroit. Il s’agit d’attraper le fruit en chute, prendre la direction des événements avant que vous ne perdriez le contrôle de la situation.
Je vous donne rendez-vous au chantier du nouvel État, la nouvelle société que nous allons ériger à la face du Monde.
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