Monday, May 31, 2010

LA NOUVELLE CONSTITUTION


INTRODUCTION


La Constitution de 1987 est un cadavre de papier, embaumé d’incohérences, obstacle au développement national, cause d’instabilités permanentes.

Les auteurs de la Constitution de 1987 étaient victimes d’un grand optimisme. Ils avaient cru qu’en abolissant la « présidence à vie », en créant un « poste de premier ministre », en rétablissant les « deux chambres », ces mesures allaient faciliter la gestion politique.
En réalité, pendant plus de trente ans, le pays était gouverné par la force et non la loi. Les citoyens les mieux préparés ont été exilés ou bien ont quitté volontairement ; la classe des notables des villes de province s’est désintégrée, les paysans ont investi la Capitale ; vols, viols, arrestations, expropriations, exécutions constituaient le quotidien de l’Haïtien ; des générations d’hommes et de femmes sont perdues par faute de transmission de savoir et de valeurs; à la chute d’une dictature trentenaire, il fallait s’attendre à l’effondrement total de notre société, une chute lente, inévitable et intraitable.

Notre Charte est déphasée parce qu’elle ne répond pas à l’impératif actuel. Elle ne pose pas le problème de rectification politique et la modernisation de l’État. En effet, depuis 1986 on se contente de pratiquer « le duvaliérisme sans Duvalier », en suivant une politique sale, vile et pestilentielle. Puisqu’on a enlevé la présidence à vie de nos affaires, on ouvre la Constitution, la ferme, l’interprète suivant les circonstances et les calculs.

Une forme majeure doit s’élever pour mettre fin à cette rechute inacceptable et ce recul abominable.

Au début d’une ère nouvelle, Haïti doit cesser de croire dans un leader prédestiné. Le peuple doit abandonner son destin aux lois dont il choisira de protéger.
Rien ne peut être au dessus des lois, aussi, rien ne peut être au dessus des peuples pour lesquels ces lois sont promulguées.

L’État doit être démocratisé à tous les niveaux. Pour y parvenir, il faut créer d’autres postes et redéfinir les rôles. En d’autres termes, il faut une totale remise en question de la gestion publique.

La Constitution de 1987 est un chantier fermé, un édifice inachevé. Une nouvelle équipe doit reprendre les travaux où l’ancienne les a abandonnés.


ENDROIT

L’ancien système politique s’est désintégré en 1986, mais la Constitution de 1987 ne voyait pas la nécessite de placer le pays sur une nouvelle voie, quand un seul homme, la personne du dictateur qui incarnait nos maux et nos malheurs fut évincée. À la fin du règne des Duvalier, on s’est contenté de recycler les vestiges d’une dictature rétrograde pour avancer piteusement sur le chemin de la honte.

En maintes fois profanée, la Constitution de 1987 n’est pas amendable. L’actuelle charte ressemble à une clôture ou les brèches sont plus vastes que l’ouvrage lui-même.

Nos futures constitutionalistes doivent repenser le système politique national en prenant soin de rectifier les failles avouées et les carences constatées.

La Nouvelle Constitution constitue un guide publié à l’adresse des futurs constitutionalistes dans l’élaboration d’une nouvelle charte.

La rectification doit introniser un nouvel ordre national : définir une nouvelle orientation politique, favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants, considérer une infrastructure moderne, imposer la décentralisation, compléter la démocratisation.

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