Monday, May 31, 2010

L’INTÉGRATION SOCIALE

INTRODUCTION


Gouvernant pendant cent cinquante ans, les mulâtres n’ont rien laissé ; en cinquante ans de gestion, les noirs ont tout détruit.

En 1946, nous avons hérité un pays sans voie de pénétration, sans école, sans électricité, sans emploi, en un mot sans services de base, sans infrastructure ni possibilité de développement. L’intégration sociale, un encadrement institutionnel n’a pas pu se concrétiser dans cet environnement délaissé.

Immolant les acquis de 1946, la Révolution de 1957 s’est retournée contre la majorité des aspirants : destruction des familles établies, migration forcée, effondrement de la société haïtienne. Celle de 1986 a produit des dictatures prolétariennes : plus sales, plus grossières et plus cruelles.

Aujourd’hui, si la situation nationale apparaît ingérable, il n’est pas nécessaire de remuer les choses à l’aveuglette et indéfiniment, il suffit de reprendre le programme d’édification de la société haïtienne, interrompue par l’ambition politique des uns et l’ignorance des autres.

Il faut un retour aux idéaux de 1946, lesquels prônent l’émancipation de la classe moyenne en y apportant les rectifications nécessaires.

Si le monde international est guidé par l’appartenance raciale, nous devons concevoir l’intégration par une approche pragmatique du noirisme. Il faut créer une chaîne de solidarité entre nous autres noirs, pour faire avancer la société nationale dans toutes ses composantes et dans toutes ses dimensions.

L’intégration sociale préconise la création de nouvelles institutions, l’adoption de nouvelles normes lesquelles vont motiver le citoyen haïtien sur le chemin du changement en passant par la transformation de la mentalité populaire. Ce programme va nous permettre de mener à bien notre mission historique : transcender le rêve de la liberté, guider le monde noir sur la route de la civilisation moderne.



ENDROIT

Plus de deux cents ans après son Indépendance, le peuple haïtien évolue en dehors de son histoire, de sa personne et de son milieu. Actuellement, notre existence paraît menacée par l’influence étrangère laquelle donne une nouvelle dimension à notre crise d’identité. En effet, la mondialisation qui nous rapproche du monde nous éloigne de nos buts.

Malgré ses exploits, le citoyen haïtien demeure un instable quand le collectif est en lambeau. Privé d’encadrement institutionnel, l’effort personnel franchit rarement la limite de l’échec.

Il faut un Plan national pour tirer le peuple de l’errance et de l’obscurité, un Programme qui permettra à chacun de développer ses talents pour devenir un meilleur citoyen.

Nous sommes les premiers noirs du monde moderne à jouir d’une émancipation absolue. Cet acquis nous impose des sacrifices envers nos ancêtres, nous-mêmes et le reste du monde.

La victoire a toujours été une conquête collective. Ainsi, le Programme d’intégration sociale cherche à encadrer tous les citoyens du pays, pour former un front commun, une grande équipe pour préparer les tournois du défi des temps modernes.

LA JUSTICE SOCIALE

INTRODUCTION

La Justice sociale constitue une redistribution universelle de la richesse nationale, de façon équitable et efficace, afin que les infortunés ne se sentent pas abandonnés, que les richesses qui payent des taxes exorbitantes soient capables d’évaluer la hauteur de leur contribution à l’évolution sociale et au bien-être collectif.

Chez nous, la redistribution se fait à travers le clientélisme, quand un régime donne la priorité à ses sympathisants au détriment du reste de la nation. Cette injustice empêche le développement, engendre la division, ralentit le progrès.

Des groupes de citoyens attendent plus de deux siècles pour être servis, attendront peu être deux autres s’ils ne se manifestent pas contre le favoritisme, l’incurie, la corruption et d’autres pratiques déloyales qui font le malheur du pays.

Entre 1946 et 1957, la politique d’ouverture a connu son âge d’or, car on ne tenait pas compte de l’identité des bénéficiares ; le partage suivait son cours normal. Le Secteur public organisait des concours d’admission, on octroyait des bourses d’étude internationale aux jeunes citoyens.

Aujourd’hui, l’application de la Justice sociale nécessite l’adoption de nouvelles mesures. Il faut rectifier l’orientation politique nationale et créer de nouvelles richesses, car la justice sociale est incompatible à l’injustice politique. De nouvelles institutions doivent etre crées pour encadrer les citoyens dans leur ascension et leur évolution.

Ces nouvelles mesures entraȋnent un changement radical au pays, pour éradiquer les actuelles pratiques et élever tous les citoyens à un niveau de vie supérieur en prenant soin d’indentifier nos élites.

Aujourd’hui, un Haïtien ne croit pas qu’il est un citoyen quand il est traité comme un chien. Le pays est privé d’un système de santé et d’éducation universelle. Le monde du travail vogue comme un bateau en péril, la nation est bloquée, le citoyen est disloqué.
Je fais appel aux pères de famille, aux jeunes, aux chômeurs les demandant de militer pour l’application de la Justice sociale dans notre pays.



ENDROIT

Si L’intégration sociale prône la spiritualité, la revalorisation culturelle, la transformation de la mentalité haïtienne, La Justice sociale se concentre sur l’aspect matérialiste de notre existence. Le corps et l’esprit nécessitent les mêmes considérations.

La Justice sociale est constituée d’un ensemble de réformes telles que académique, sanitaire, agraire, syndicale. Cette nouvelle approche de la réalité nationale va produire le progrès social et la stabilité politique, quand les crises seront isolées dans leur foyer respectif.

Le pays est assez riche pour offrir à ces citoyens la qualité de services disponibles dans les sociétés avancées. Mais, l’infériorité de nos dirigeants, la bassesse de nos responsables ont plongé la nation dans une misère extrême.

Avant de prendre la mer pour servir de pâture aux requins, avant de se faire humilier devant les ambassades pour organiser une fuite légale, les citoyens haïtiens doivent faire valoir leurs droits au pays en réclamant ce qu’ils comptent obtenir sous un ciel plus clément.

La richesse nationale doit être partagée entre tous les citoyens, sans exception, suivant les nécessités et les moyens.

La Justice sociale représente une vision de développement où le citoyen est servi avec justice, respect et compréhension.

L’INDUSTRIALISATION

INTRODUCTION


Aujourd’hui, nous avons constaté les dégâts causés par l’aide étrangère au pays, que toutes nos usines sont fermées, que l’emploi est inexistant, qu’il faut obligatoirement repenser l’économie.
Refusant de financer l’industrialisation, nos bailleurs de fonds se contentent de parrainer des programmes obscurs, des projets insignifiants soit « l’institutionnalisation de la misère ».

La dérégularisation des années quatre-vingts a donné le coup de grâce à notre prospérité. Le secteur privé s’est enrichi, l’État appauvri.

Il est impossible à un État faible de remplir sa mission, prôner la justice sociale, quand le secteur privé tend d’avaler le secteur public. Cette situation conduira obligatoirement à la rupture : chaos ou révolution.

Nous devons laisser le cercle vicieux, en créant la souveraineté financière.

Je propose un modèle d’économie d’État, un ensemble de mesures rectificatives apportées à notre ancien système quand l’État gérait les banques et l’industrie.

Pour financer la reconstruction et les programmes de subvention, l’État doit créer la masse monétaire, un accroissement de richesse rendu possible en multipliant les revenus publics : taxe, vente de services, production.

Ma réforme exclut la présidence de la sphère économique. L’Institut national des finances, un organisme autonome administra ce secteur, la Police administrative sanctionnera les incuries.

ENDROIT

L’économie est l’un des piliers de la souveraineté nationale et de la stabilité politique. Avant les années soixante-dix, Haïti ne dépendait pas de l’aide internationale ni des transferts d’argent, sa croissance reposait sur le tourisme, l’exportation des produits agricoles et miniers. Sur le plan industriel, nous nous retrouvons au même rang que les pays les plus avancés d’Amérique du sud.

Avant la débâcle des années quatre-vingt, le secteur public bénéficiait d’une avance considérable sur le secteur privé. Malgré l’incurie, le gaspillage et le vol, l’État triomphait sur deux fronts : institutionnalisation et industrialisation.

Dans cet ouvrage, l’auteur prêche un retour au modèle traditionnel, en passant par la refonte de la fiscalité, la restructuration des services de bases pour les rentabiliser et la relance des industries publiques.

Le programme d’étatisation des institutions rentables du pays va permettre à l’État de réduire le déficit chronique et notre dépendance vis-à-vis de l’aide étrangère.

Rédigé dans un style simple et direct, cet ouvrage a théoriquement solutionné la crise économique nationale en définissant de façon précise les objectifs à atteindre.

LA NOUVELLE CONSTITUTION


INTRODUCTION


La Constitution de 1987 est un cadavre de papier, embaumé d’incohérences, obstacle au développement national, cause d’instabilités permanentes.

Les auteurs de la Constitution de 1987 étaient victimes d’un grand optimisme. Ils avaient cru qu’en abolissant la « présidence à vie », en créant un « poste de premier ministre », en rétablissant les « deux chambres », ces mesures allaient faciliter la gestion politique.
En réalité, pendant plus de trente ans, le pays était gouverné par la force et non la loi. Les citoyens les mieux préparés ont été exilés ou bien ont quitté volontairement ; la classe des notables des villes de province s’est désintégrée, les paysans ont investi la Capitale ; vols, viols, arrestations, expropriations, exécutions constituaient le quotidien de l’Haïtien ; des générations d’hommes et de femmes sont perdues par faute de transmission de savoir et de valeurs; à la chute d’une dictature trentenaire, il fallait s’attendre à l’effondrement total de notre société, une chute lente, inévitable et intraitable.

Notre Charte est déphasée parce qu’elle ne répond pas à l’impératif actuel. Elle ne pose pas le problème de rectification politique et la modernisation de l’État. En effet, depuis 1986 on se contente de pratiquer « le duvaliérisme sans Duvalier », en suivant une politique sale, vile et pestilentielle. Puisqu’on a enlevé la présidence à vie de nos affaires, on ouvre la Constitution, la ferme, l’interprète suivant les circonstances et les calculs.

Une forme majeure doit s’élever pour mettre fin à cette rechute inacceptable et ce recul abominable.

Au début d’une ère nouvelle, Haïti doit cesser de croire dans un leader prédestiné. Le peuple doit abandonner son destin aux lois dont il choisira de protéger.
Rien ne peut être au dessus des lois, aussi, rien ne peut être au dessus des peuples pour lesquels ces lois sont promulguées.

L’État doit être démocratisé à tous les niveaux. Pour y parvenir, il faut créer d’autres postes et redéfinir les rôles. En d’autres termes, il faut une totale remise en question de la gestion publique.

La Constitution de 1987 est un chantier fermé, un édifice inachevé. Une nouvelle équipe doit reprendre les travaux où l’ancienne les a abandonnés.


ENDROIT

L’ancien système politique s’est désintégré en 1986, mais la Constitution de 1987 ne voyait pas la nécessite de placer le pays sur une nouvelle voie, quand un seul homme, la personne du dictateur qui incarnait nos maux et nos malheurs fut évincée. À la fin du règne des Duvalier, on s’est contenté de recycler les vestiges d’une dictature rétrograde pour avancer piteusement sur le chemin de la honte.

En maintes fois profanée, la Constitution de 1987 n’est pas amendable. L’actuelle charte ressemble à une clôture ou les brèches sont plus vastes que l’ouvrage lui-même.

Nos futures constitutionalistes doivent repenser le système politique national en prenant soin de rectifier les failles avouées et les carences constatées.

La Nouvelle Constitution constitue un guide publié à l’adresse des futurs constitutionalistes dans l’élaboration d’une nouvelle charte.

La rectification doit introniser un nouvel ordre national : définir une nouvelle orientation politique, favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants, considérer une infrastructure moderne, imposer la décentralisation, compléter la démocratisation.

LA MODERNISATION BUREAUCRATIQUE


INTRODUCTION

Si les élections démocratiques n’engendrent pas la stabilité politique, le blocage réside au niveau du Secteur public lequel ressemble à un bidonville administré par des gangs. Ce modèle centralisé représente une sorte de ramification opérant sous la tutelle de Palais national.
La Modernisation bureaucratique propose la refonte du Secteur public en établissant de nouvelles structures, en publiant de nouveaux règlements, en décentralisant la gestion. L’innovation administrative divise ce Secteur en quatre zones : Administration publique, Services publics, Agences nationales et les Entreprises publiques.

J’entends par Administration publique, les bureaux tels que les ministères, lesquels s’occupent essentiellement des tâches administratives ou exécutent les ordres émanant du pouvoir exécutif.

Les Services publics, sont des institutions telles que le Service postal, la Compagnie de téléphone. Ils sont regroupes pour produire le plus d’efficacité.

Les Agences nationales sont des institutions telles que le Service des véhicules, la Douane lesquels présentent l’aspect d’une administration privée.

Les Entreprises publiques sont des usines telles que minoterie, sucrière, se confinant strictement à la production.

Autonome, apolitique, le Secteur public doit pouvoir fonctionner même en l’absence d’un gouvernement pendant une longue période allant jusqu’a trois mois. Ainsi, la mission du Secteur public doit être définie par les critères suivants : transparence, efficacité, rentabilité.

Le Nouvel État propose une décentralisation politique, en préconisant la création des postes de gouverneurs et le renforcement de l’autorité des maires pour les permettre de jouer un rôle jusqu’ici réserve au pouvoir exécutif. Ainsi, la gestion du Secteur public deviendra plus efficace, quand un pouvoir de proximité veille sur sa marche quotidienne.

Les Services seront repartis de façon équitable dans toutes les municipalités. La fonction publique deviendra une noble carrière quand des concours d’admission seront organisés, que les membres des familles établies, l’élite nationale seront nommés.


ENDROIT

Le secteur public est une zone chaotique, turbulente et opaque, mangeoire de l’exécutif. La Réforme administrative prône la restructuration de cette sphère, en introduisant de nouveaux règlements, l’ordre et le contrôle.

Actuellement, le Gouvernement, l’Administration et les Services publics forment une seule entité. Cette structure fut établie par les régimes totalitaires pour seoir leur domination, servir leur client et piller l’État.

La Réforme administrative va faire de l’Administration une entité autonome et apolitique. Ainsi, la présidence ne sera plus capable de nommer ou de révoquer les fonctionnaires publiques.

À côté des Ministères, l’auteur propose la création des Agences nationales, des organismes autonomes agissant au non de l’État.

Le secteur public sera confié à l’élite nationale quand la fonction publique deviendra une noble carrière.

LE NOUVEL ÉTAT


INTRODUCTION

Haïti est l’un des pays où le projet d’un nouvel État est possible : la loi n’est pas appliquée, les dirigeants sont incompétents, les infrastructures sont en ruine ; symbole de déchéance absolue.

Si ce projet n’est pas appliqué dans l’immédiat, les conséquences seront catastrophiques pour une nation soumise à de tel régime : insécurité, obscurité, enlèvement, assassinat, ignorance, inflation, insalubrité et d’autres types de calamités.

Certains de mes compatriotes, les jeunes surtout, pensent qu’en abandonnant le navire, ils seront à l’abri. Étant moi-même un émigrant, j’affirme que partout où il est, un Haïtien est affecté par le fléau national, une tare qui le ronge de l’intérieur, un mal qui le suit partout.

Le Nouvel État qui est le résultat d’une savante étude de la problématique haïtienne propose la solution appropriée. Il nous faut d’autres types de dirigeants, une infrastructure moderne et une nouvelle orientation politique.

Notre démocratie est truffée de contradictions. La présidence est totalitaire ; le parlement, indiscipliné ; la justice, désorganisée. En l’absence de réelles structures démocratiques, les élections successives produiront des effets contraires.

Le citoyen doit cesser de constater, de se plaindre et de s’alarmer. Il doit prendre la direction des choses en imposant un « nouvel ordre politique ».

Finalement, un gouvernement provisoire doit prendre les rênes du pouvoir pour introniser la Réforme.

Ce projet va nous placer dans une position enviable, au moment où les plus grandes démocraties de la planète sont en chute libre.


ENDROIT

Malgré les efforts de démocratisation, la présidence haïtienne conserve ses caractéristiques totalitaires. Les événements politiques récents et la nature des régimes post-duvaliéristes attestent la faillite de l’État. Le pouvoir demeure concentré entre les mains de l’exécutif. Le président organise les élections, soudoie le législatif, vassalise le judiciaire, nomme les directeurs, organise le pilage de la caisse publique, ruine le commerce, sape la souveraineté nationale, soutient les gangs urbains, commandite les assassinats.

Il faut mettre fin aux règnes des politiciens pestilentiels pour faire triompher la loi.

Le Nouvel État préconise une décentralisation politique, en réduisant le pouvoir du président à sa plus simple expression.

Le pays sera divisé en trois régions, sièges des futurs gouverneurs. Au nombre réduit, les Municipalités seront transformées en mini gouvernements en charge de justice, de sécurité, d’éducation, de santé, d’emploi, de logement, de tourisme et de développement. Finalement, l’État sera présent sur tout le territoire national, au service de tous les citoyens.

Le Nouvel État est le livre de chevet d’une société souffrant d’insécurité, d’insalubrité, d’obscurité, de malnutrition et d’autres méfaits du sous développement.