INTRODUCTION
Gouvernant pendant cent cinquante ans, les mulâtres n’ont rien laissé ; en cinquante ans de gestion, les noirs ont tout détruit.
En 1946, nous avons hérité un pays sans voie de pénétration, sans école, sans électricité, sans emploi, en un mot sans services de base, sans infrastructure ni possibilité de développement. L’intégration sociale, un encadrement institutionnel n’a pas pu se concrétiser dans cet environnement délaissé.
Immolant les acquis de 1946, la Révolution de 1957 s’est retournée contre la majorité des aspirants : destruction des familles établies, migration forcée, effondrement de la société haïtienne. Celle de 1986 a produit des dictatures prolétariennes : plus sales, plus grossières et plus cruelles.
Aujourd’hui, si la situation nationale apparaît ingérable, il n’est pas nécessaire de remuer les choses à l’aveuglette et indéfiniment, il suffit de reprendre le programme d’édification de la société haïtienne, interrompue par l’ambition politique des uns et l’ignorance des autres.
Il faut un retour aux idéaux de 1946, lesquels prônent l’émancipation de la classe moyenne en y apportant les rectifications nécessaires.
Si le monde international est guidé par l’appartenance raciale, nous devons concevoir l’intégration par une approche pragmatique du noirisme. Il faut créer une chaîne de solidarité entre nous autres noirs, pour faire avancer la société nationale dans toutes ses composantes et dans toutes ses dimensions.
L’intégration sociale préconise la création de nouvelles institutions, l’adoption de nouvelles normes lesquelles vont motiver le citoyen haïtien sur le chemin du changement en passant par la transformation de la mentalité populaire. Ce programme va nous permettre de mener à bien notre mission historique : transcender le rêve de la liberté, guider le monde noir sur la route de la civilisation moderne.
ENDROIT
Plus de deux cents ans après son Indépendance, le peuple haïtien évolue en dehors de son histoire, de sa personne et de son milieu. Actuellement, notre existence paraît menacée par l’influence étrangère laquelle donne une nouvelle dimension à notre crise d’identité. En effet, la mondialisation qui nous rapproche du monde nous éloigne de nos buts.
Malgré ses exploits, le citoyen haïtien demeure un instable quand le collectif est en lambeau. Privé d’encadrement institutionnel, l’effort personnel franchit rarement la limite de l’échec.
Il faut un Plan national pour tirer le peuple de l’errance et de l’obscurité, un Programme qui permettra à chacun de développer ses talents pour devenir un meilleur citoyen.
Nous sommes les premiers noirs du monde moderne à jouir d’une émancipation absolue. Cet acquis nous impose des sacrifices envers nos ancêtres, nous-mêmes et le reste du monde.
La victoire a toujours été une conquête collective. Ainsi, le Programme d’intégration sociale cherche à encadrer tous les citoyens du pays, pour former un front commun, une grande équipe pour préparer les tournois du défi des temps modernes.